Le jour où…
Parfois, souvent même, certaines tâches ou certains impératifs me pèsent.
Sortir Moka alors qu’il pleut à verse, nettoyer la litière de Cookie, lancer une lessive et pendre le linge, faire le ménage de la maison chaque semaine, me lever pour aller au travail, aller faire une prise de sang, prendre rendez-vous auprès du vétérinaire pour le vaccin de l’un de mes animaux, me rendre au cours de yoga l’hiver alors qu’il fait nuit et froid, chausser mes baskets pour aller courir, aller faire les courses, vider le lave-vaisselle…
Autant de tâches et d’activités qui, j’ai le sentiment, prennent du temps et demandent de la volonté !
Et depuis quelques temps, alors que je peste après l’une de ces tâches ou une autre non listée, je pense au jour où je n’aurai plus à les effectuer ou au jour où il ne sera plus possible de les faire.
Le jour où Moka nous aura quittés, je n’aurai plus à le sortir sous la pluie.
Le jour où Cookie sera lui aussi parti, je n’aurai plus à nettoyer sa litière.
Le jour où je serai trop âgée ou plus en capacité de laver mon linger.
Le jour où je serai peut-être en maison de retraite, je n’aurai plus à faire l’entretien de ma maison.
Le jour où je n’aurai plus ce travail, je n’aurai peut-être plus le salaire qui en découle et qui assure ma sécurité financière et matérielle.
Le jour où je devrai faire plus qu’une prise de sang, ce sera peut-être le jour où je serai en moins bonne santé.
Le jour où je n’aurai plus à prendre de rendez-vous auprès du vétérinaire, ma maison sera vide de mes animaux et de leur présence.
Le jour où je n’irai plus au cours de yoga, ce sera un temps en moins pour mon bien-être.
Le jour où je ne chausserai plus mes baskets pour aller faire mon footing, c’est peut-être parce que je n’aurai plus le temps ou plus la capacité physique pour le faire.
Le jour où je ne pourrai plus aller en courses, ce sera peut-être parce que je ne peux plus conduire.
Le jour où je n’aurai plus à vider le lave-vaisselle, ce sera peut-être le jour où je serai seule, sans Pierre à mes côtés, et que le lave-vaisselle aura perdu de son utilité; ou alors ce sera le jour où je n’aurai plus personne pour me rendre visite.
Et le temps aura passé… ce qui fait la valeur de ma vie ne sera plus, ou ne sera plus pareil.
Alors je prends le parti d’apprécier ces impératifs et tâches car ils sont la richesse et les petites choses simples de ma vie. Et qu’un jour, ils ne seront plus.
Je mets un k-wai et profite de ma sortie avec Moka sous la pluie car il est présent dans ma vie.
Je nettoie la litière de Cookie en me disant que j’ai de la chance d’avoir un chat à m’occuper.
Je lave et étends mon linge en prenant le temps car je peux avoir une machine à laver et avoir des habits propres.
Je me donne à fond pour nettoyer ma maison, car j’ai de la chance d’avoir un logement.
Je me lève pour aller au travail sans trop râler, car mon salaire m’apporte un équilibre.
Je vais à la prise de sang en étant reconnaissante de ne pas avoir d’actes médicaux plus conséquents à réaliser.
Je prends rendez-vous auprès du vétérinaire en me rappelant que deux compagnons formidables illuminent mon quotidien et que j’ai les moyens de prendre soin d’eux.
Je vais au cours de yoga, heureuse d’avoir 1h30 à me consacrer.
Je mets mes baskets pour aller me défouler et m’apaiser émotionnellement et travaille ma volonté et ma régularité.
Je vais en courses, avec le souhait de penser à ce qui pourrait plaisir à Pierre, Moka et Cookie.
Je vide le lave-vaisselle, témoin que Pierre est à mes côtés et que des amis viennent à la maison.
Je prends le temps de profiter de tous ces moments et surtout, je prends le temps de mesurer toute leur signification.
Je suis accompagnée chaque jour par mon mari et mes animaux.
Je suis en bonne santé et je peux faire du sport.
J’ai un toit au-dessus de la tête.
J’ai un travail qui me permet de ne pas être dans le besoin et de manger à ma faim.
Je suis reconnaissante de tout cela.
J’essaie, chaque jour, de garder en tête la valeur de ces tâches et impératifs.
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